mercredi 4 février 2009
Patoufounage
Nous portons un masque de pierre lorsque nous sommes tristes.
La fatigue et la lassitude aiment à s'y pendre, entraînant notre visage vers le sol.
Qu'il est difficile de trouver la force de laisser tomber ce poids ! Ne plus s'y accrocher comme si l'on tenait son coeur à bout de bras.
"I feel grey. Gods laugh at me because I'm not white. Demons laugh at me because I'm not black.
One of them asked me one day : "Do you want to become the Devil ?".
I answered : "Hell yeah !".
And they started laughing louder...
Anyway I'm grey. Fog within my eyes. Crows on my throne, thorns on my crown.
My only might lies within what's hidden. Useless."
Vous voulez que je vous dise ? Je ne sais pas pourquoi j'écris ça, mais j'ai trouvé ça chouette.
Pour clore l'article, sachez pour votre gouverne que je patafoune et que mes voisins s'engueulent. Ca vous la coupe hein ?
dimanche 11 janvier 2009
La chansonnette qui tue...
J'ai écrit cette petite broutille et ça m'a beaucoup amusé.
Quelqu'un a marché dans l'ondée,
Brisant de cet instant la tranquillité.
Quelqu'un a marché dans l'ondée,
Tuant mon bonheur à la contempler.
Quelqu'un a marché dans l'ondée,
Et cette personne j'ai assassiné.
Quelqu'un a marché dans l'ondée,
Tout près gît son cadavre desséché.
Quelqu'un a marché dans l'ondée,
Il ne faut pas marcher dans l'ondée.
C'est assez malsain à vrai dire, ça fait un peu psychopathe.
Cela dit, en y regardant de plus près, ça n'a rien de si étrange.
Imaginez : vous êtes de mauvaise, très mauvaise humeur, et cuvez votre rancœur dans un coin. Un individu inconnu au bataillon, lui de très bonne humeur et ne vous ayant visiblement pas vu, vient faire du boucan près de vous. Tout à sa joie, il ne vous voit pas et fait des siennes de plus belle. Là ça vous énerve. Et ça vous énerve tellement que vous avez envie de lui dire de dégager voire de lui coller une bonne dérouillée à cet illustre insouciant chronique.
Imaginons maintenant que vous le fassiez, et que la personne soit d'un caractère "sanguin" : elle va vous répondre, voire vous rendre votre baffe.
Jusqu'où ça peut aller à votre avis ? La mort.
Les gens ne peuvent pas se supporter lorsqu'ils ne sont pas en phase. C'est ce qu'on appelle la "civilité", qui ferait que la personne de mauvaise humeur demanderait gentiment à l'autre d'aller faire du bruit plus loin et que la personne bruyante s'excuserait et irait plus loin. Aujourd'hui cela n'existe plus. Empêcher quelqu'un de foutre le bordel c'est une atteinte à la liberté et si vous protestez vous êtes un emmerdeur.
Ben moi j'ai envie de buter la voisine du dessous qui écoute sa musique à fond, tellement qu'on l'entend dans tout l'immeuble, à 3h du matin.
Les gens sont tellement dans leur bulle qu'ils ne pensent même pas que ce qu'ils peuvent faire va peut-être gêner les autres, et la plupart s'en foutent royalement. Moi je comprends très bien qu'un type bute tous les gens de son immeuble, ou se mette à tuer tout le monde à vue dans la rue. C'est déjà arrivé d'ailleurs, et les gens ont le culot d'être étonnés. "Qu'est-ce qui lui a pris, il a pété les plombs c'est affreux". C'est ce genre de réflexion qui me donne des envies de meurtre, bovins décérébrés. Enfin moi ce que j'en dis... pas mal en tout cas cette comptine...
dimanche 28 décembre 2008
Une pensée, une personne, un recueillement.
Il était étrange. C’était le genre à lever les yeux au ciel, avec un mélange de lassitude et de tendresse dans le regard, l’air de dire « toi là-haut, tu ne manques pas de culot », comme s’il parlait à un vieil ami, un sourire invisible au coin des lèvres et la clope au bec.
Il était étrange avec son air étonné un peu forcé, car je savais bien moi qu’il ne s’étonnait plus de rien.
Il était étrange avec sa patience et son agacement, avec sa façon de dire « je sais » et sa façon de ne rien dire. Je suppose qu’il savait beaucoup plus qu’il n’en avait conscience, et que s’il se taisait souvent, c’était plus par habitude et convention que par ignorance.
Il était étrange au pied de son arbre à somnoler, à dégager cette impression de sérénité lui qui d’ordinaire n’était pas si serein.
Il était étrange avec son rire de photo jaunie et ses anecdotes drôles, et ce comportement de mer d’huile qui se mue en volcan lorsque tout va à vau-l’eau.
Il était étrange, vu par des yeux de petit garçon à peine ouverts qui ne transpercent pas les choses. Et aujourd’hui par mon regard d’adulte il demeure une énigme, comme nous le devenons tous dans la mort, et plus jamais je n’aurai la possibilité de le voir à nouveau.
Il est certain qu’il serait toujours étrange, mais cela n’aurait pas d’importance, on devient moins gêné par ce qui est étrange lorsqu’on peut l’étudier à loisir et finalement l’apprécier parce que c’est là.
Il était étrange, lui, moi.
samedi 20 décembre 2008
Errance
C'est un voyageur sur le chemin de son existence, un peu essoufflé, qui parle. Il parle un peu tout seul comme ça arrive quand on est longtemps seul. Il parle dans sa barbe. L'esprit est une chose curieuse dans son mouvement, une chose indéfinissable. Quoiqu'il en soit, écoutons-le, nos oreilles ne sont pas assez fières pour dénigrer le discours d'un vieux fou. Et puis qu'est-ce qu'un fou ?
"J'irai pas en courant, ça c'est sûr que j'irai pas comme ça,
La folie en bandoulière, au sommet de la montagne.
Je sais même plus pourquoi je dois y aller.
Admirer la course du soleil, qui dans chaque pays
va réveiller des enfants sans âge,
que le monde peine à porter.
Enfin le monde je m'en fous et sa lassitude avec.
Je me contente de marcher.
Rien de mieux à faire, et pas de raison d'arrêter.
De toute la façon la raison a mieux à faire que s'expliquer.
Des choses qui ont peine à être.
A nos yeux étranges l'illusion elle-même peine à croire parfois qu'elle fait mouche.
Et puis ça me fait du bien de me rendre compte que je marche.
La route est caillouteuse et ça fait parfois mal aux pieds.
Mais avec du soleil et une brise légère c'est pas déplaisant.
Un casse-croûte sur une pierre, une sieste à l'ombre, une nuit dans une grotte et ça repart.
Parfois une pause pour regarder le monde en contrebas ça distrait.
Quoi de mieux finalement ?
Mais j'irai quand même pas en courant, ça c'est sûr, j'irai pas comme ça."
mardi 7 octobre 2008
Y en a qui savent et d'autres pas... Et des fois on inverse les rôles.
"Some do it fast, some do it better in smaller amounts ..." M. Manson, Count to Six And Die.
Il y a les choses que l'on sait, les choses que l'on croit savoir, les choses que l'on sait ignorer, et les choses que l'on ignore à tel point qu'on n'en soupçonne pas l'existence. Ainsi la masse des choses que l'on ignore est-elle toujours plus importante que la masse des choses que l'on sait, car elle est inimaginable.
Aussi tempère ton orgueil et ne te montre point pédant, tu n'en paraîtras que plus sage.
Ne donne jamais de réponses, pose les bonnes questions, amène l'esprit à trouver sa solution. La lumière ne se fait pas en perçant un simple trou.
Ne méprise pas l'ignorance, mais ne t'épuise pas à la combler, certains n'ont pas besoin de connaissance, certains ne veulent pas avouer leurs lacunes, c'est une barrière de plus qui les empêche d'avancer et tu n'es point berger à traîner les bêtes par la bride.
lundi 6 octobre 2008
I feel the gravity... of it all
« …tes petites mains connaissent à présent le poids des morts. Mais le poids de leurs vies ne lui est même pas comparable. » Hiko Seijuro, Rurouni Kenshin Seisouhen.
J’ai constaté que souvent les gens pensent que trouver une personne qui les comprenne est essentiel et que leur recherche les mènera à quelqu’un qui pourra partager leur souffrance et les aider à porter le poids de leur existence. C’est souvent pour ça qu’ils courent vers une personne qui leur témoigne de l ‘affection.
Comprendre partiellement une personne – car il est impossible et j’insiste de comprendre une personne intégralement, déjà parce qu’on ne partage pas nos pensées ou notre conscience ou notre perception, mais aussi parce que comprendre une personne entièrement revient à être cette personne – est un exercice difficile, qui demande beaucoup d’énergie, de concentration, de pratique et rapporte peu en définitive. Et ce n’est pas parce qu’on comprend qu’on peut agir. De plus ce n’est pas forcément un service à rendre que de soulager tous les maux de quelqu’un. Ça nuit à la réalisation de l’être.
On se dit qu’on pourra partager notre souffrance, partager le poids de la vie. Quelque part on ne se rend pas compte de ce que ça implique. Si la vie est lourde pour nous, qu’en est-il de l‘autre qui porte la sienne et une partie de la nôtre ? Alors on se décharge chacun d’une partie de soi sur l’autre, et je pense que c’est sans doute une des choses qui nous épuisent.
Vous me direz qu’il y a aussi les amis. C’est vrai. Les amis c’est ça aussi, on partage avec eux un bout de vie pour que ce soit moins lourd. Au fil de la vie nous échangeons entre nous et parfois ces parties se détachent de notre être. Finalement sommes-nous d’une certaine manière comme ces falaises qui se déchargent parfois d’un morceau de roc trop lourd dans une mer agitée ?
samedi 27 septembre 2008
Expression (hirsute ?)
Voilà un petit moment que je n'ai pas mis à jour de blog. Des raisons diverses et variées m'ont tenu éloigné d'internet quelques temps.
Ne comptez pas sur moi pour parler du changement, un loup est un loup.
Je me suis fait récemment cette réflexion : "qu'est-ce qui fait que parfois je n'aime pas parler, que parfois je n'arrive pas à formuler clairement ma pensée, et que je finis par émettre un grognement qui ne dit rien mais dit beaucoup en même temps ?"
Je me demande si certains d'entre vous ont déjà ressenti ça : le fait de penser, loin, très loin, au point que la pensée exprimée par des mots semble perdre tout son sens. Parfois ma pensée me semble tellement pure, tellement profonde, que le simple fait de penser l'exprimer par des mots me semble inconcevable. Exprimer parfois ce que je pense par des mots ôterait trop du contenu pour rendre cela intelligible. C'est désolant, quelque part, de ne pas pouvoir communiquer à quelqu'un sa pensée directement lorsqu'il vous demande quelque chose. Les mots lui rendent un message bien pauvre. Alors parfois j'émets un grognement, et la personne à qui je réponds, si elle me connaît bien parvient à déchiffrer tout ce qu'il peut y avoir dans ce grognement, même si je comprends que ça finisse par être usant à la longue.
Toutes mes excuses aux gens à qui ça fait ça, vous avez maintenant une explication et mes excuses :p.
Enfin bon, c'est aussi ce qui fait de moi un loup. Loup je suis, loup peut-être je resterai. Grmph :p
mardi 29 juillet 2008
Un long chemin à travers l'obscurité
Tout est obscurité.
Pour moi qui ne regarde plus le ciel, car il est trop figé.
Je suis celui qui a vu la lumière et qui en a détourné les yeux.
Nous marchons tous dans l’obscurité mais nous ne le savons pas.
Certains sont venus, certains ont été comptés pour avoir un ordre, une importance,
mais tous s’en sont retournés à l’obscurité.
Flottant sur le vide, ma conscience mutilée danse sur le requiem des mondes.
Quand il n’est de place pour rien c’est qu’il y a tout.
Le plein fait autant de mal que le vide.
L’équilibre ce n’est pas un même poids de chaque côté de la balance, pas dans le temps.
Il est des écrits sibyllins qui relient les esprits par leur phrasé, car toute parole ne produit pas de son.
Qui es-tu ? Je ne suis pas.
Jamais silence n’exprima autant l’effarement et l’aberration.
mercredi 23 juillet 2008
Eurêka, c'est comme ça qu'on dit je crois
C'est une question qui me taraudait depuis longtemps, très longtemps. Ca revenait sans cesse, régulièrement. Je ne me souviens ni comment c'est venu, ni quand exactement. Ca fait plus d'un an en tout cas.
Cette question la voilà :
"Qu'advient-il d'une chose dans laquelle on met beaucoup d'énergie et peu d'espoir ?"
Bizarre comme question et la formulation est un peu théâtrale.
Eh bien vous n'allez pas me croire, mais j'ai trouvé la réponse, ma réponse : "Peu importe."
Ne vous étranglez pas tout de suite, ça s'explique assez bien.
L'énergie n'a pas besoin de justification pour être dépensée. Comme pour l'eau qui devient toxique lorsqu'elle stagne et croupit, l'énergie qui stagne devient négative, mauvaise et fait des dégâts. Tout énergie a pour but d'être employée.
Si l'on met peu d'espoir dans une une action, c'est que le but que pourrait avoir cette action pour nous s'estompe devant le besoin de dépense d'énergie qui nous est nécessaire.
Pour être plus clair, quel que soit le résultat de l'action elle aura rempli sa fonction.
Après, il y a au moins deux façons de voir cela :
- toute action entreprise, même n'arrivant pas au but souhaité n'est pas perdue ni inutile car elle satisfait notre besoin de dépense d'énergie
- il est inutile de se soucier du résultat d'une action car que ça marche ou pas on en retirera quelque bénéfice
A vous de voir de quel côté vous penchez. Je vous laisse le soin de réagir si vous le souhaitez.
Ah au fait, ça me démange alors je vais le dire quand même :
la vie n'a pas de sens, car la vie est mouvement. (ça lui arrive de changer de direction, de tourner à gauche ou à droite)
mercredi 4 juin 2008
Loup hirsute casse ses cubes ?
La quête d'absolu. (j'ai l'impression de parler avec de l'écho) Notre raison, un outil. Notre expérience, matière à réflexion. Notre ligne de vie, notre façon d'être, notre façon de réagir : une voie, des principes, un vecteur. Une succession de problèmes, d'objectifs, une articulation d'idées. Une squelette, une armature, une architecture. Nous bâtissons. Nous partons d'une base, nous fixons une ligne de conduite, des principes, une façon de réagir, nous appréhendons ce qui nous arrive, provoquons, subissons. Nous aimerions avoir toujours en vue la lumière du phare, toujours suivre une direction, pendant que nous sommes ballottés dans le temps et l'espace ; nous aimerions n'avoir qu'à louvoyer, avoir le savoir et le savoir-faire. Nous aimerions peut-être que tout soit résumé à cela. Les méandres de l'incertitude, les circonvolutions anarchiques de la fumée, la théorie du chaos, nous cherchons à les rendre sûrs, compréhensibles, maîtrisables, les dénaturer.
Je n'irais pas cette fois jusqu'à dire que nous n'avons rien compris. Mais comme toujours nous n'avons compris que partiellement, nous n'avons vu que la face éclairée de la chose, nous sommes incomplets.
Si la vie se résumait à une formule mathématique, elle
aurait été trouvée depuis bien longtemps et serait diffusée et appliquée dans
le monde entier.
La vie n'est pas une ligne, droite, courbe, sinueuse, ou même brisée, la vie n'est pas une figure géométrique.
Je reviens sur la capacité négative. L'homme marche qu'il sache ou ne sache pas. Mais il doit apprendre à poser son esprit aussi sereinement sur les choses voilées, que sur la terre ferme.
J'aimerais être un marcheur sur du vide. J'aimerais pouvoir fermer les yeux et marcher sans avoir besoin de certitude. Le vrai guide n'est pas celui qui connaît bien le chemin ou la destination, c'est celui qui sait de quelle manière se rendre là où l'on peut/veut/doit aller. Aller simplement d'un point A à un point B, c'est se tromper de route.
J'ai sommeil, malgré tout, je tenais à écrire, faire sortir cela de mon esprit pour pouvoir le contempler à loisir.
Je pensais que le sommeil était la seule chose capable de me
donner le repos dont j’ai besoin.
C'est faux j'en suis convaincu. Mon esprit semble le savoir et mon corps l'ignorer, je vais aller me coucher. Pas d'huile pour les engrenages de ma tête ce soir, les idées devraient cesser d'affluer à la chaîne, elles vont devoir coexister.
