dimanche 17 juillet 2011

Sans regrets ?

Je ne sais pas d'où vient cette idée : "dans la vie il ne faut pas avoir de regrets".

Je suppose que c'est encore un pseudo personnage important de façon éphémère qui a sorti ça une journée où il était moins défoncé que d'habitude. Icône d'une catégorie de personnes, la "citation" a été relayée par les médias et les magasines jusqu'à devenir leitmotiv pour toute une génération.

Encore une connerie...

Ne pas avoir de regrets, ça signifie soit se voiler la face sur nos choix, soit considérer que certaines choses sont par essence mieux que d'autres.

Considérer que certaines choses sont mieux que d'autres, c'est une forme d'élitisme consumériste. C'est aussi une forme de négation. 

Etant donné qu'on prête une hiérarchie aux choses, on met des choses au sommet et des choses en bas. Et on considère qu'on rate sa vie si on n'accède pas aux meilleures choses.

Y a-t-il un abruti dans la salle pour avoir à la bouche le mot "égalité" ?

Dans cette optique, puisque tout le monde ne peut pas obtenir le meilleur, le plus grand nombre est lésé pour toute son existence.

La solution ? Vivre par procuration. On érige un système, on érige des icônes qui accèdent à tout ce que nous rêverions de posséder (enfin c'est ce qu'on veut nous faire gober) et on vend des magasines et des romans photos pour les ramolis du bulble. La boucle est bouclée.

On masque le tout avec un peu de paillettes. Personne n'aura à l'idée qu'on se fout de notre gueule en nous montrant des stars de cinémas ou des hommes d'affaires rouler en ferrari et maltraiter les gens qui travaillent autour d'eux, ni de penser que le véritable mot pour désigner les fans qui achètent toutes les goodies concernant un artiste et se rendent à tous ses concerts est CLIENT.

 

Ben ouais, z'avez bien entendu : clients. Et j'ose même dire "pigeons".

La culture, avec un grand "C" comme la désigne la horde de pédants qui nous servent de référents en la matière, ou celle qu'ils renient parce que pas assez "hype" pour l'esprit, n'est la plupart du temps rien de plus qu'un objet de consommation supplémentaire.

Dans tous les cas, le consumérisme est partout. Petit exercice tiens : essayez de me faire une liste des choses pour lesquelles vous ne payez pas. Faites ensuite une liste des choses pour lesquelles vous payez. Verdict ?

Fin de la digression.

En reprenant l'idée de hiérarchie consumériste et en la mettant en charpie avec tout le soin dont on est capable, il est aisé de concevoir que c'est une bonne chose d'avoir des regrets.

Ca permet d'avoir des objectifs, ça permet de ne pas voir qu'une seule ligne droite avec un mur tout au bout.

Souvent les choses se valent et heureusement ! Nos choix ont beaucoup plus de valeur lorsqu'ils sont difficiles. Abandonner des choses pour d'autres fait partie de la vie, fait partie de l'humain. Ne pas regretter des choix, c'est presque un suicide intellectuel. C'est oublier notre passé, notre futur. C'est parce que nous avons pris de mauvaises décisions qu'on regrette qu'on peut avancer. Il faut donc avoir des regrets pour être meilleur.

Le mot de la fin, qui correspond à l'actualité cinématographique du moment : 

"Ce sont nos choix, Harry, qui montrent ce que nous sommes vraiment, beaucoup plus que nos aptitudes". 

(A. Dumbledore)

 

 

 

Posté par loup_hirsute à 21:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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