mercredi 22 octobre 2008
J'ai de la compassion pour les lâches
Dans la lignée de "J'ai de la sympathie pour les tricheurs".
J'ai mis cet article dans la partie grognement parce que ça me saoule de plus en plus ces idées niaises et passéistes archi-occidentalisées sur le courage. C'est bon réveillez-vous ! Y a plus d'épées barbares, plus de gloire au combat. Si aujourd'hui vous vous faites buter comme un con ben vous allez crever comme un con et y aura personne pour fleurir votre tombe ou dire que vous avez été un grand guerrier. Vous allez finir comme une merde, "dogshit on the pavement" comme dit un anglais que j'ai rencontré il y a peu.
C'est quoi cette idée de merde qu'il faut ouvrir sa gueule jusqu'à s'en faire péter les mâchoires et gueuler plus fort pour être courageux ? Ça s'appelle pas être courageux ça, ça s'appelle être bruyant. Être courageux c'est parfois fermer sa (grande) gueule et serrer les dents.
Allez faire un tour en Asie qu'on rigole, ils ont une notion du courage totalement différente de la nôtre et sans aucun doute possible beaucoup plus intelligente.
Et puis le courage c'est pas ce qu'on invoque quand on nous a chié dans les bottes et qu'on n'a plus d'arguments ?
Le courage c'est un truc de cour d'école, même si ça fait mal de l'admettre, les choses sont toujours plus compliquées que ça.
Le courage c'est toujours une valeur après observation, on déclare que ce qu'on a vu ou fait nous semble courageux mais qu'en est-il vraiment ? C'est une chose tellement pseudo-sacrée qu'on ne se permet jamais de la remettre en question. "Oh quel courage !" et là-dessus devant l'admiration béate et agaçante on n'entend plus mot. Hé Friedrich passe-moi ton marteau j'ai envie de m'amuser un peu !
Aider les autres et se sacrifier pour eux c'est courageux ? Ben non pas forcément. Si ça ne nous coûte plus rien et qu'on y est habitué à la longue je ne vois pas ce qu'il y a de courageux là-dedans. C'est un choix de vie, quoi d'autre ? Alors évidemment le pauvre quidam qui regarde la télé le cul dans la graisse il peut pas s'empêcher de trouver ça courageux, verser sa petite larme pendant qu'il peine à atteindre la télécommande. Quelque part supporter un connard de patron tous les jours pour avoir de quoi se payer à bouffer et payer éventuellement la bouffe à ceux qui nous sont chers, c'est pas plus idiot. "T'as qu'à te bouger, t'as qu'à faire ça, moi j'ai bien réussi à...". Hey stop, tagueule. Toi t'as eu le cul bordé de nouilles d'avoir eu du soutien et moi j'ai rien. T'as beau dire que tu aurais fait tourné la terre avec ton petit doigt, si les choses avaient dû mal tourner, tu n'aurais rien pu y faire, fin de l'histoire, retourne jouer sur l'autoroute.
Alors ouais le courage c'est quoi ? Aller contre soi-même ? Peut-être, peut-être pas, pas seulement.
En tous cas savoir ce que ce n'est pas c'est toujours un bon point de départ. Et vos conneries gardez-les, ça me parasite les oreilles.
mardi 7 octobre 2008
Y en a qui savent et d'autres pas... Et des fois on inverse les rôles.
"Some do it fast, some do it better in smaller amounts ..." M. Manson, Count to Six And Die.
Il y a les choses que l'on sait, les choses que l'on croit savoir, les choses que l'on sait ignorer, et les choses que l'on ignore à tel point qu'on n'en soupçonne pas l'existence. Ainsi la masse des choses que l'on ignore est-elle toujours plus importante que la masse des choses que l'on sait, car elle est inimaginable.
Aussi tempère ton orgueil et ne te montre point pédant, tu n'en paraîtras que plus sage.
Ne donne jamais de réponses, pose les bonnes questions, amène l'esprit à trouver sa solution. La lumière ne se fait pas en perçant un simple trou.
Ne méprise pas l'ignorance, mais ne t'épuise pas à la combler, certains n'ont pas besoin de connaissance, certains ne veulent pas avouer leurs lacunes, c'est une barrière de plus qui les empêche d'avancer et tu n'es point berger à traîner les bêtes par la bride.
lundi 6 octobre 2008
I feel the gravity... of it all
« …tes petites mains connaissent à présent le poids des morts. Mais le poids de leurs vies ne lui est même pas comparable. » Hiko Seijuro, Rurouni Kenshin Seisouhen.
J’ai constaté que souvent les gens pensent que trouver une personne qui les comprenne est essentiel et que leur recherche les mènera à quelqu’un qui pourra partager leur souffrance et les aider à porter le poids de leur existence. C’est souvent pour ça qu’ils courent vers une personne qui leur témoigne de l ‘affection.
Comprendre partiellement une personne – car il est impossible et j’insiste de comprendre une personne intégralement, déjà parce qu’on ne partage pas nos pensées ou notre conscience ou notre perception, mais aussi parce que comprendre une personne entièrement revient à être cette personne – est un exercice difficile, qui demande beaucoup d’énergie, de concentration, de pratique et rapporte peu en définitive. Et ce n’est pas parce qu’on comprend qu’on peut agir. De plus ce n’est pas forcément un service à rendre que de soulager tous les maux de quelqu’un. Ça nuit à la réalisation de l’être.
On se dit qu’on pourra partager notre souffrance, partager le poids de la vie. Quelque part on ne se rend pas compte de ce que ça implique. Si la vie est lourde pour nous, qu’en est-il de l‘autre qui porte la sienne et une partie de la nôtre ? Alors on se décharge chacun d’une partie de soi sur l’autre, et je pense que c’est sans doute une des choses qui nous épuisent.
Vous me direz qu’il y a aussi les amis. C’est vrai. Les amis c’est ça aussi, on partage avec eux un bout de vie pour que ce soit moins lourd. Au fil de la vie nous échangeons entre nous et parfois ces parties se détachent de notre être. Finalement sommes-nous d’une certaine manière comme ces falaises qui se déchargent parfois d’un morceau de roc trop lourd dans une mer agitée ?
