mercredi 29 juillet 2009
Ujô 有情
J'ai failli mettre une des mes blagues vaseuses en titre de cet article. J'ai failli également le mettre dans la catégorie des pensées.
J'y ai renoncé car comme tel il m'a été impossible de me mettre à écrire.
Le point de départ a été ce terme, "Ujô", emprunté au bouddhisme nichiren,du japon, d'où le classement dans la catégorie "le loup se couche au pays du soleil levant".
Ce terme désigne dans le bouddhisme la notion d'être sensitif ou encore émotionnel, être qui a une conscience.
La conscience, voilà le rapport avec ce qui suit.
Un déclic et l'on comprend.
On comprend qu'un contenu ne peut pas se suffire à lui-même, et qu'un message même s'il est intéressant en soi doit être mis en valeur pour être mieux saisi. La forme devient tout aussi importante que le fond, on apprend à faire des fioritures. On optimise l'information.
On comprend que c'est nécessaire car l'esprit humain n'est pas constant dans son état de fonctionnement. On est moins attentifs, moins réceptifs suivant divers critères tels que notre condition physique, notre métabolisme (somnolence après le repas... hum), nos émotions, nos préoccupations.
Quelque chose que d'habitude nous n'aurions eu aucun mal à saisir nous échappe soudain.
C'est pourquoi il ne suffit pas de clarifier le contenu du message, il faut également le mettre en lumière.
On comprend que le temps perpétuellement oublié de nos préoccupations doit être pris en compte.
Peut-être oui que tout le monde peut faire ce que je peux faire. Mais cela ne veut pas dire que tout le monde peut le faire maintenant, alors que je le fais. Certains pourront le faire plus tard. Certains ont pu le faire et ne peuvent plus.
Les choses s'apprennent, pour cela il faut du temps, pour cela il faut expliquer.
Et passer son temps à expliquer est insoutenable nerveusement. C'est épuisant à force, même si finalement c'est simple.
Mais c'est finalement ce que je perçois de ce monde dans lequel je suis, de l'épuisement nerveux à n'en plus finir.
De la fatigue et de l'angoisse. Les gens vivent à coup de rasoir. Tranchons, tranchons ce qui nous fait peur, ce qui nous pose problème. Tranchons avec une haine mortelle ce qui nous fait souffrir.
C'est pourquoi les liens se brisent si facilement, si définitivement. Personne ne sait réellement évaluer ce qui est grave de ce qui ne l'est pas tant que ça.
Qu'il est difficile dire "oui, tu m'as fait mal, mais je sais que tu t'en veux. Allez viens, ce n'est pas grave" en souriant.
Plus personne ne croit en la sincérité, à se demander même si ça a quelque importance. On tranche avant de laisser la moindre chance.
Et pour cause, on n'entend que deux histoires : la sincérité véritable qu'on rejette par prudence et la sincérité feinte qui trahit.
Il y a 4 vents mais on n'écoute plus que deux d'entre eux.
Las devant ce qui nous semble comportement stupide, une réaction : "n'importe qui peut comprendre". Sans doute, mais pas nécessairement maintenant.
Souffle le vent sur le rocher, l'air appelle le sommeil.
Les étoiles sont lasses elles-aussi de me veiller.
lundi 11 mai 2009
Adieu poil d'hiver
Hello Everybody ^^
Ben merde... Y avait déjà pas grand monde avant, mais là ça fait tellement longtemps que je ne suis pas venu qu'ils se sont tous barrés, même les récalcitrants... Bouse !
Enfin bon, quoiqu'il en soit, pour les grains de poussière qui se sont accumulés dans la tanière, me voilà reviendu turlututu.
Le loup a été patoufouner de l'aut' côté de la Manche (un tout petit peu plus loin au pays des trèfles) accompagné comme il se doit d'une chasseuse redoutable. (Ben oui on était partis chasser le trèfle, comment ça ce n'est pas évident ?)
J'ai adoré, surtout leur fameuse boisson noire avec de la mousse... hips ! Je me suis même converti à leur cuisine, me voilà à faire du chou bouilli. Hum, je m'égare. Ce voyage était tout simplement très sympa, on a rencontré des personnes intéressantes et vu des choses non moins intéressantes. Il y a quand même des bêtes curieuses là-bas. En vrac, j'ai croisé un Oscar Wilde sur un rocher, et un James Joyce avec sa canne (coin coin). Je suis allé sur la colline de Tara, y a des pierres sacrées au sommet et non, au cas où vous vous poseriez la question, j'ai su me retenir de faire cette chose que font les loups parfois pour marquer leur territoire. Non là fallait pas rigoler, parce que le prochain roi d'Irlande doit venir y poser la main et faire rugir la terre. Si jamais il s'aperçoit que la pierre a été souillée et qu'en plus ça pue, il va rugir lui-aussi et je vous dis pas la fête à qui ça va être après ça... hum je m'égare encore.
Enfin bon, je ne vais pas vous faire la visite guidée, si vous êtes tentés, n'hésitez surtout pas.
Ah euh et j'allais oublier ce qui amène ce post, et pourquoi le poil d'hiver : ben voui l'habillage a changé ! Ca change un peu c'est de saison. Tiens d'ailleurs en parlant de saison, va falloir que j'aille déterrer les os que j'ai enfouis avant de partir. Faut déjà que je les retrouve d'abord. Snif snif snif peut-être par-là ? Snif snif
A plus tard Snif snif snif.
mercredi 25 février 2009
Il était caché dans le placard...
C'est pas parce qu'on s'appelle Milton qu'on est forcément un gros lourd. Contrairement parfois à votre serviteur. J'ose vous avouer beaucoup aimer l'exercice de l'humour qui a très largement dépassé la dose homéopathique.
Comme vous l'avez peut-être deviné, je suis plongé en ce moment dans le "Paradis Perdu" de John Milton.
Tiens, j'entends des "oooh" et des "ah ?". Ben oui. J'étais très curieux de savoir ce qu'il pouvait y avoir dans ce livre. "Long et dur est le chemin qui de l'enfer conduit à la lumière". Ca en impose pas mal je trouve.
Alors bon, oui, on se dit : "mais si ça se trouve, c'est bourré ras la gueule de trucs cathos chiants avec des tantines ailées qui chantent leur gloire à l'autre glandu". J'avais en quelque sorte cette crainte. Parce que je peux vous avouer maintenant que si j'ai eu envie de le lire c'est surtout pour tout ce qui concerne Satan. (il a même droit à une majuscule rhoooo). C'est la particularité de cet ouvrage, on y trouve en quelque sorte une épopée de lui.
Son entreprise, ses difficultés, sa bravoure même, et sa réussite dans la chute de l'homme sont décrites.
Pour tout dire j'ai apprécié. Il reste bien sûr beaucoup de "gloire au seigneur" et "choeur des anges" tout de même mais ça passe plutôt bien, M. Milton respecte la dose prescrite. On arrive assez facilement à lire les passages relatant ce qui se passe au Ciel (j'ai fait un effort j'ai mis une majuscule là-aussi) sans avoir envie de regarder les mouches voler (sûrement parce que Belzebuth vous espionne).
Pas de diabolisation du diable ici comme on aurait pu le craindre. La chute de l'homme, son éveil à la conscience précédant son désespoir sont décrits d'une manière qui n'est pas non plus larmoyante et c'est assez agréable.
Pour finir, je dirais qu'il faut s'habituer au genre mais que si vous avez une once de curiosité (et quand même du temps libre parce que c'est un bouquin de taille respectable), n'hésitez pas, je crois que ça vaut le détour.
